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Titre du blog : Joies Émois
Auteur : joies-emois
Date de création : 18-05-2010
 
posté le 21-05-2010 à 21:35:26

Les clowns lyriques [Romain Gary]

Je passes des heures (non cumulées) à rechercher des citations sur le net.

Ce n'est pas évident d'en trouver des intéressantes et pas déjà relues 100 fois. 

J'apprécie donc particulièrement quelques blogs de ma connaissance qui postente de temps en temps au fil de leurs lectures des phrases que je n'aurai jamais trouvé ailleurs, et qui font parfois mouche. 

 

Ainsi, comme je relève également ces phrases pendant Mes lectures, décidais-je soudain de les poster ici. 

 

Et nous commençons par un roman de Romain Gary, dans lequel j'ai eu du mal à entrer, mais dont le style est au moins très particulier. 

 Roman d'amour, roman politique, roman d'espoir et de peine. 

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"Je tiens cependant à mettre en garde le lecteur peu familiarisé avec mon genre de drôlerie : je demeure entièrement fidèle aux aspirations que je moque et adresse dans mes livres afin de mieux en éprouver la constance et la solidité. Depuis que j'écris, l'ironie et l'humour ont toujours été pour moi une mise à l'essai de l'authenticité des valeurs, une épreuve par le feu à laquelle un croyant soumet sa foi essentielle, afin qu'elle en sorte plus souriante, plus sûre d'elle-même, plus souveraine."

Note de l'auteur

 

 

"Sa réputation avait survécu au désastre financier de ses films et se trouva même renforcée et, en quelque sorte, confirmée aux yeux de tous ceux qui, à force d'associer le talent avec l'incompréhension des foules, en sont enus à considérer l'art comme une forme d'échec."

ch.1

 

"ne jamais rencontrer celle qui ne vous aimera jamais, voilà peut-être la définition la plus juste du bonheur humain."

ch.2

 

 

"Et pourtant, il l'attendait encore. Il essayait de l'imaginer, avec l'aide de toutes les femmes qu'il avait connues. Car il arrive un moment dans la vie où toutes les femmes que l'on a rencontrées finissent par composer une image très claire de celle qui vous manque. C'est ce qu'elles vous laissent en partant. C'est la grâce qu'elles vous font. On finit par la voir très bien, d'esquisse en esquisse, et il ne lui manque plus qu'une chose : se matérialiser."

ch.3

 

 

"L'affreuse influence de cette époque shakespearienne ou hollywoodienne – c'est la même chose – fait que des millions de gens passent leur vie à attendre à chercher, au lieu de vaquer pacifiquement à leurs occupations."

ch.6

 

 

"On disait d'elle que c'était une femme froide – cette froideur qu'on accorde si généreusement aux femmes que seul le soleil intéresse."

 

 

"Ma colombe – et que ce mot avait donc besoin de t'être rendu ! - rien ne vaut d'être tenté que le goût de tes lèvres ne pourrait à lui seul accomplir et on peut peut-être vivre loin d'elles, mais à la manière d'un exil."

ch.9

 

 

"Il lui fit un petit geste d'adieu moqueur, mais elle ne le voyait plus, il n'existait plus pour elle et il se sentit arraché de la terre avec les racines et puis jeté, mais on pouvait vivre ainsi également. Il n'y a pratiquement pas de limites  votre capacité de vivre."

ch.10

 

 

"Et voilà pourquoi je me serre contre toi avec tant d'espoir et de désespoir, pour me retenir enfin, me contenir, me limiter, me détourner enfin de l'horizon, cet éternel fuyard - [...]"

ch.13

 

 

"Viens plus près. Oui, je sais que tu ne peux pas : viens plus près quand même. Encore plus près... Là. Ça ne fait rien : on respirera après. Comme ça.

Jacques...

Ne m'appelle pas. Ne dis pas mon nom : on croirait que nous sommes deux."

 

 

"Pourquoi ris-tu ?

C'est le sérieux qui l'exige."

ch.15

 

 

"C'était un homme qui faisait de tout ce qu'il aimait une raison de le quitter. C'était un homme qui ne pouvait pas vivre pour ce qu'il aimait, mais seulement contre ce qu'il détestait."

ch.19

 

 

" - [...] Vous parlez à quelqu'un qui a aimé toute sa vie, ne l'insultez pas !

- Qui ? Qui avez vous aimé ?

- Comment, "qui" ? Qu'est-ce que ça veut dire, "qui" ? En somme, pour vous, il faut mettre la main sur quelqu'un, pour aimer ? Un choix d'article ? Une emplette ? De l'épicerie ? Moi, j'ai aimé une femme en général, voilà. Je ne l'ai pas rencontrée, je peux donc vous parler d'amour, moi !"

 

 

"Et quand on a vécu un vrai amour, on a été balayé, on n'est plus là pour en parler !"

ch.20

 

 

"Je ne sais pas si tu connais la recette célèbre du grand cuisinier normand Duprat : "Prenez une vérité, laissez-là reposer un bon moment pour voir si elle ne change pas de couleur sous vos yeux et si elle ne tourne pas à son contraire, observez de quoi elle se nourrit è des fois que ce serait de vous ? - portez-la ensuite à hauteur d'homme, ni plus haut ni plus bas, sentez-la bien, assurez-vous que ça ne sent pas le cadavre, mordez-en un tout petit bout, goûtez prudemment sas avaler, mâchez-la très soigneusement, surtout si on veut vous la faire avaler intacte, voyez si ça ne vous étouffe pas, si ça ne vous reste pas dans la gorge, si ça ne vous tord pas les boyaux, si ça ne vous sort pas aussitôt par les narines, si ce n'est pas accompagné de sueur et de nausée, et si tel n'est pas le cas, avalez-la, mais peu à peu, petit à petit, en mâchant toujours longuement chaque bouchée, mais surtout, surtout, soyez toujours prêt à la recracher..."

 

 

"Mais je crois que l'on a commis de telles horreurs au nom de la Vérité que l'on a fini par conférer une aura d'humble sainteté au carton-pâte et au toc."

ch.22